Histoire & Culture de Bretagne

Les Rendez-vous de Landevenneg

En partenariat avec Breizh Odyssée, l’association « Histoire et Culture de Bretagne » propose ses « Rendez-vous de Landevenneg », à la salle polyvalente de Landevenneg.
L’histoire, la culture, la société, l’environnement.. de nombreux thèmes seront abordés lors de ces nouveaux « Emgavioù » de la presqu’île de Crozon.
Découvrez le programme des prochains mois.

Réservation en ligne

Jeanne Malivel, sklêrijenn an arneveziñ e arzoù Breizh

 

Dimanche 7 mars 2026 – 15h

(conférence en breton – quelques casques pour traduction, sur réservation au 06 34 58 17 57)

Jeanne Malivel, a vo lidet kantved he marv e 2026, he deus bet ur vuhez vicher berr met start. Diskouez a reas an arzourez he barregezh abred war an tresañ, ha buan e voe heuliet he degemer e Skol an Arzoù Kaer e Pariz e 1917 gant he engouestl evit afer Breizh. He ferzh oberiant e krouidigezh luskad ar Seiz Breur e 1923 a oa liammet penn-da-benn ouzh he c’hoant da genderc’hel hengounioù arz Breizh gant luskoù a-vremañ. Betek he marv e 1926 e talc’has Jeanne Malivel liammoù kreñv gant aferioù politikel ha relijiel, liammoù a dremenas dre hec’h obererezh arzel a-bezh. E-korf dek vloaz hepken e oa deuet da vezañ barrek war an holl dachennoù (livañ, arrebeuri, keramik, gwer-livet, danvezioù, engraverezh, tresañ, hag all), o sevel ur bern labourioù.
Prezegenn lusket gant Annaïck Loisel, heñcherez-prezegennerez vrezhonek. Labouret he deus gant mirdioù Kemper, Ti ar Vro Kemper ha Ti ar Glad Kemper.

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Anatole Le Braz, passeur de mémoire entre tradition et modernité

 

Dimanche 22 mars 2026 – 15h

De renommée internationale en son temps, Anatole Le Braz (1859-1926) a consacré sa vie et son œuvre à faire connaître et aimer la Bretagne rurale de la fin du XIXe siècle, soit 80 % de la population. Constatant qu’il est aujourd’hui méconnu des Bretons eux-mêmes, Dominique Besançon nous mènera à la rencontre d’une personnalité attachante et d’une étonnante modernité. Epris de justice sociale, défenseur de l’environnement et féministe, l’auteur de La Légende de la mort était en effet un inlassable passeur de mémoire qui dressait, hier, les ponts vers la Bretagne de demain.

La conférence sera accompagnée de lectures et d’illustrations.

Spécialiste de l’auteur auquel elle a consacré sa thèse et directrice de sa collection aux Editions Terre de Brume, Dominique Besançon a collaboré à une soixantaine d’ouvrages et animé de nombreuses manifestations culturelles.

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Paul Sérusier, la Bretagne comme horizon

Dimanche 19 avril 2026 – 15h

La Bretagne occupe une place essentielle dans la vie et l’œuvre de Paul Sérusier. C’est à Pont-Aven, en 1888, qu’il rencontre Paul Gauguin et découvre une nouvelle manière de peindre, le synthétisme, bientôt à l’origine du groupe des Nabis. Mais au-delà de cette expérience fondatrice, la Bretagne devient pour lui un lieu d’ancrage. Après des séjours réguliers au Pouldu et à Huelgoat, Sérusier choisit de s’installer durablement à Châteauneuf-du-Faou, où il conçoit les décors de sa maison et réalise un vaste ensemble peint pour l’église paroissiale. Ses toiles s’inspirent des

paysages vallonnés, des costumes traditionnels, des scènes de la vie rurale autant que de la dimension spirituelle attachée à ces terres. La Bretagne ne fut pas seulement un lieu de passage dans la vie de Paul Sérusier, mais un véritable horizon, à la fois artistique, spirituel et existentiel. Elle irrigue toute sa création, du choix des sujets à la recherche d’un nouveau langage pictural. Cette conférence s’interrogera sur les sources de ce lien indéfectible : recherche de tranquillité, fascination pour l’authenticité et la permanence des traditions, mais aussi quête d’une harmonie entre art, nature et spiritualité.

Conférence animée par Anne Le Duigou, historienne de l’art, commissaire de l’exposition inaugurale du musée Sérusier et autrice du catalogue Marguerite et Paul Sérusier – Musée Sérusier, la collection révélée (Locus Solus, 2025).

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Le CELIB, un exemple de dynamique pour la Bretagne

Dimanche 31 mai 2026 – 15h

Quand la Bretagne s’est réveillée… ! « . Pour tous les historiens, 1950 marque une date décisive pour la Bretagne : A cette date en effet, une poignée d’acteurs se lèvent et lancent à Quimper un assez vague Comité, le C.L.I.B, qui va vite devenir le C.E.L.I.B (Comité d’Etudes et de Liaisons des Intérêts Bretons). Alors qu’au début des années 1950 la Bretagne est à la rue (la moitié des fermes sans électricité, 90 % sans eau courante), cette dynamique transpartisane va bouleverser la Bretagne. Des routes gratuites au port de Roscoff, en passant par l’accélération de la révolution agricole, les dynamiques culturelles, les universités ou centre de recherches (le C.N.E.T à Lannion, l’IFREMER à Brest…), ce sont initialement une poignée d’acteurs qui ont changé le destin breton : la fin de l’exode et un retournement du solde migratoire, une Bretagne de plus en plus attractive, un réveil économique et financier, etc. L’ambition de l’intervention sera de comprendre cette époque charnière. De suivre les conditions et les conséquences de cette réussite. En quelle mesure cette dynamique territoriale est-elle reproductible ou peut-elle au moins nous inspirer, à une époque où de nouveaux défis décisifs se font jour ?

Jean Ollivro est professeur de géographie à l’Université de Bretagne (Rennes 2).

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L’histoire de la presqu’île de Crozon avec la Défense Nationale

Dimanche 28 juin 2026 – 15h

Pointée vers le grand large, telle une croix ou une hermine, la presqu’île de Crozon s’étend entre la rade de Brest et la baie de Douarnenez. Merveille géologique, elle joue depuis longtemps un rôle militaire de premier rang, en grande partie en raison de la proximité du port militaire de Brest, d’importance nationale depuis son choix par Richelieu en 1626.

A chaque période les sites qui y sont installés ont su évoluer en fonction de l’équilibre arme/ cuirasse, l’extension des théâtres au monde sous-marin et aux airs ayant nécessité de nouveaux dispositifs.

Conférence animée par Alain Boulaire, né à Brest, agrégé et docteur d’Etat en histoire, spécialiste du XVIIIème siècle français. Il s’intéresse à la mer et à l’histoire de la Marine à travers de nombreux ouvrages sur ces sujets ainsi que des biographies.

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10 objets racontent l’histoire de la Bretagne

Dimanche 9 août 2026 – 15h

Les objets ont une histoire, mais ils font aussi l’histoire…

Un collier de coquillage vieux de 8 000 ans, un bol fêlé réparé avec soin, transmis de génération en génération, l’inattendu havresac d’un soldat de l’an II, l’écrin d’or contenant le coeur d’Anne de Bretagne, un squelette, messager du trépas, armé d’une bêche et d’une faux…

Au-delà d’une diversité qui pourrait paraître déroutante, tous ces objets, éveilleurs d’émotions, souvenirs d’un passé effervescent, souvent méconnu, parfois oublié, s’unissent pour nous raconter une histoire originale, plurimillénaire, souvent dramatique, parfois heureuse : ils révèlent une singularité irréductible et beaucoup portent en eux, avec eux, une part de l’âme de la Bretagne et des Bretons…

Conférence animée par Joël Cornette, professeur émérite de l’Université Paris 8. Grand prix d’histoire de l’Académie française pour l’ensemble de son

œuvre. Décoré du collier de l’Hermine en 2023. Auteur, notamment, d’une Histoire de la Bretagne et des Bretons (2005), d’une Histoire de la Bretagne pour les Nuls (2022) et d’une Brève histoire de l’identité bretonne (2023).

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Filières navale et nautisme en Bretagne : enjeux de transformation

Dimanche 13 septembre 2026 – 15h

Riche de ses compétences, de ses réussites et de son histoire maritimes, la Bretagne se voit jouer un rôle de premier plan dans la transformation actuelle des filières navales et nautisme.

Mais de quoi parle-t-on ? Quelles sont les dynamiques à l’œuvre, réarmement, dronisation, décarbonation, portuaire, vélique, numérisation, usages, formation, etc ? Quelles ambitions ?

Sur la base des travaux conduits au Conseil Économique Social et Environnemental Régional, des feuilles de route du Pôle Mer Bretagne Atlantique et de ses partenaires en Bretagne, Hervé Moulinier abordera les enjeux géopolitiques, économiques, environnementaux, technologiques, et sociétaux, concernant aussi bien le naval de défense que civil et le nautisme, pour en tirer quelques grandes lignes directrices et préconisations pour qu’un nouveau souffle porte haut le naval et le nautisme bretons.

Hervé Moulinier président d’honneur du Pôle Mer Bretagne Atlantique, a été directeur technique chez Thales, président de l’École Nationale Supérieure Maritime et membre du CESER de Bretagne.

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Les grands fonds marins : un nouvel eldorado ?

Dimanche 11 octobre 2026 – 15h

Cette conférence invite à une immersion dans les grandes profondeurs océaniques pour y découvrir les écosystèmes et les formes de vie qui s’y trouvent. Elle abordera les moyens d’exploration, la recherche actuelle et les enjeux qui entourent ces habitats encore largement méconnus. Riche en ressources de toutes sortes, le plus grand biotope de notre planète est aujourd’hui menacé par l’exploitation minière. Qu’en est-il de ces ressources et où en sommes-nous en termes de connaissances et de législation ? La chercheure Jozée Sarrazin tentera de répondre à ces questions pressantes.

Conférence animée par Jozée Sarrazin, chercheure en écologie benthique, spécialiste des grands fonds marins au centre Ifremer de Bretagne. Québécoise d’origine.

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Histoire & Culture de Bretagne

Les Rendez-vous de Landevenneg sont organisés par l’association HCB.

Pour contacter l’association et ne rien manquer des prochaines actualités, envoyez simplement un mail sur l’adresse demat@hcb-isb.bzh

Les Rendez-vous de 2025

Landes de Bretagne, un patrimoine vivant

Rien de plus méconnu que les landes. Leur terrible régression n’a guère mobilisé les Bretons qui avaient trop entendu que les landes étaient à l’image de la misère à laquelle ils voulaient tourner le dos. Pourtant les landes qui se sont étendues avec les défrichements dès le Néolithique, furent pendant près de huit siècles au cœur d’une agriculture inventive, généreuse et particulièrement durable.
Les landes restent aussi un élément essentiel de l’identité paysagère et culturelle de la Bretagne mais elles n’ont pas été valorisées comme les îles, les maisons traditionnelles, le bocage, les ports ou les chapelles.
Ceux qui ont vécu dans des fermes jusque dans les années 1960 ont encore le souvenir de l’odeur des ajoncs broyés pour les chevaux mais, à l’heure où de nouvelles menaces planent sur les dernières landes, il importe d’en rendre la mémoire à tous les Bretons.

Conférence animée par François de Beaulieu. Il vit à Morlaix, a enseigné la littérature et la sociologie du collège à l’université. Depuis 1967 il a publié plus de soixante-dix livres et plusieurs centaines d’articles sur le patrimoine naturel et culturel de la Bretagne.

Le littoral breton face aux défis climatiques

La température de l’océan a atteint en 2023 et 2024 des niveaux jamais mesurés. Les impacts du changement climatique sont de plus en plus visibles, partout dans le monde et aussi en Bretagne. Cette conférence, basée sur des travaux du Haut Conseil Breton pour le Climat, fera le point sur les enjeux globaux liés au changement climatique et sur leurs conséquences pour le littoral breton. Quels sont les risques, quelles sont les recherches qui permettent de mieux les appréhender, et quelles sont les pistes pour lutter contre le changement climatique et s’adapter?

Conférence animée par Anne-Marie Tréguier, chercheuse océanographe au laboratoire d’océanographie physique et spatiale (IUEM, Plouzané) et co-présidente du Haut Conseil Breton pour le Climat.

Vauban et la bataille de Camaret

Dans notre si belle Presqu’île de Crozon, il suffit de tourner la tête dans n’importe quelle direction pour apercevoir l’une des réalisations de Vauban destinées à la défense de Brest. Ce système défensif n’a servi qu’une seule fois, le 18 juin 1694, pour repousser avec pertes et fracas une tentative anglo-hollandaise de débarquement à Camaret.

Grâce à deux lecteurs en alternance, nous vous proposons de revivre cette période par la découverte de la correspondance des protagonistes Français et Anglais de cet épisode. En introduction vous serez invités à découvrir certains aspects surprenants de la très riche personnalité de Vauban. L’ensemble a été préparé par Guy Malbosc spécialiste de cette période, qui vous présentera chacune de ces lettres.
Plongeur habitué des fonds sous-marins de la mer d’Iroise depuis 1977, Guy Malbosc est un historien non professionnel auteur de plusieurs ouvrages et un photographe. Auteur d’un mémoire de Master 2 (UBO) intitulé Aspects méconnus de la bataille de Camaret, 18 juin 1694.

Les légendes arthuriennes

Le Roi Arthur ? Nous le connaissons tous, libérant Excalibur de son rocher, envoyant ses chevaliers en quête du Graal. Il se promène dans notre imaginaire en compagnie de Merlin, Guenièvre, Lancelot ou Morgane, mais qui est-il, ce roi légendaire ? Il apparaît dans nombre de films, romans, BD, jeux vidéo, mais d’où vient-il ? Au-delà des quelques épisodes que nous avons tous en tête, quelle est son histoire ?

Quelques éclaircissements s’imposent. Une conférence sur le sujet paraît un bon début pour se faire une idée sur la question. La geste arthurienne y sera résumée, son origine mythique et littéraire, son influence sur notre temps et sur notre manière de raconter des histoires expliquées.

Tristan Pichard, auteur jeunesse et adulte, a publié de très nombreux livres dont une demi-douzaine de titres concernent le roi Arthur. Au printemps 2024, il a publié chez Locus Solus le premier volume d’une adaptation exhaustive de la légende arthurienne médiévale : “Arthur, cycle intégral”.

Le dragon, symbole majeur des Bretons

Depuis quelques décennies, il flotte, fièrement, sur les mâts des mairies du Trégor, aux côtés du nouveau drapeau national des Bretons : le gwenn ha du. Il surplombe aussi souvent les rangs des manifestants pour la langue bretonne ou pour l’unité du pays. Il sort toutes ses griffes, les pattes en avant, sur la croix noire sur fond jaune qui identifie sant Erwan / saint Yves, le saint patron des Bretons. Sur la Lieue de Grève, le roi Arthur combattit l’un d’entre eux, grâce à l’aide providentielle de sant Efflamm, jusqu’à ce que le second lui passe son étole autour du cou et lui intime l’ordre de retourner à la mer. Sur l’île de Batz, un peu plus à l’ouest, c’est Pol Aurélien, qui terrassa le sien. A l’est, c’est Tudual. Plus à l’est encore, saint Samson. Mais qui sont ces saints dits sauroctones ?

Que signifie le dragon, le dragon rouge, rouge comme le sang, rouge comme feu, rouge la passion et les pommes que jadis, les Femmes de l’Autre Monde jetaient aux guerriers valeureux pour leur enjoindre de les suivre et de les aimer ?

Que signifie le dragon rouge des Bretons, qui prend ses aises de l’autre côté de la Mor Breizh, dans l’autre Bretagne, qui flotta jadis comme vexilloïdes, au-dessus des armées romaines insulaires, avant de devenir l’emblème du roi Arthur ? Et d’où vient-il ?

Autant de questions auxquelles Thierry Jigourel, journaliste, écrivain et scénariste, auteur de l’ouvrage Dragons, publié chez Soleil et illustré par le Finistérien Gwendal Lemercier s’efforcera de répondre à travers une conférence vivante suivie n’en doutons pas, de nombreuses questions du public.

Premières plongées

Des essais du Nautilus de Fulton en baie de Camaret au forcement de la rade de Brest par le Narval de Laubeuf, l’amiral François Guichard nous fera vivre les premiers pas des sous-marins jusqu’à la veille de la première guerre mondiale.

François Guichard, ancien commandant de sous-marin et Rochefortais, est désormais amiral chargé de la fonction Histoire de la Marine. Après nous avoir raconté l’histoire du sous-marin qui inspira Jules Verne avec « Premières plongées » (Prix Ecume de mer 2023 et Prix de la ville de Rochefort 2023) et « Premières Armes » (sortie en octobre 2024), il nous immerge dans la grande fresque historique des sous-marins du début du XXème siècle à travers la vie de leurs équipages.

Les femmes dans le monde des phares bretons

Les femmes ont joué un rôle non négligeable dans le monde des phares de Bretagne. Deux phares emblématiques des côtes finistériennes, Eckmühl et Kéréon, ont été construits grâce à deux mécènes, la marquise de Blocqueville et Amicie Lebaudy. De nombreuses femmes furent gardiennes, dès 1888. En 1975, dans le Finistère, on comptait encore 19 femmes pour 60 agents. Quant aux épouses des gardiens en « enfer », les phares en mer, elles étaient confrontées à de longues périodes de solitude et d’anxiété. Plusieurs figures féminines sont restées dans les annales : Marie-Perrine Durand, la pionnière, au Paon à Bréhat, Marie Quéméré, la bonne fée de Tévennec, Eugénie Matelot, l’héroïne de Kerdonis à Belle-Île-en-Mer, etc. De nombreux visuels rendront hommage à ces femmes d’exception.

Conférence animée par Serge Duigou, historien originaire du Pays Bigouden, spécialisé dans l’histoire de la Bretagne. Son travail porte notamment sur l’histoire maritime bretonne et la place des femmes dans la société bretonne.

Les Rendez-vous de 2024

Le paludier et la longue histoire du sel

Depuis les années 80, les Sels de Guérande, gros sel et fleur de sel renouent avec leurs lettres de noblesse et une réputation séculaire de produits de qualité.
En revenant sur l’origine des marais salants, Gildas Buron apporte un éclairage sur l’émergence de la technique salicole solaire, il y a quelque 2 000 ans.
Par une approche pluridisciplinaire, historique, ethnographique, linguistique, il nous permet de comprendre comment entre le second et le XXe siècle s’est développé en Bretagne un agro-système maritime unique en Europe. Retraçant l’histoire économique du XVIIe au XIXe siècle, Gildas Buron aborde l’organisation du négoce et restitue la place du Sel de Guérande dans le commerce maritime international. Enfin, avec Gwenaël Rio seront évoquées les luttes des associations professionnelles tout au long des XIXe et XXe siècles contre la concurrence et le déclin de la saliculture… avant que marais salants et paludiers ne deviennent emblématiques du Pays de Guérande à l’aube du XXIe siècle.

Conférence animée par Gildas Buron, historien, linguiste et conservateur du Musée des marais salants de Batz-sur-Mer et Gwenaël Rio, paludier à Batz-sur-Mer et président fondateur de Tradysel.

À la découverte des plantes sauvages de la Presqu’île de Crozon

Cette conférence propose une promenade en images à la rencontre des plantes sauvages de la Presqu’île de Crozon, en passant entre autres par la pointe de Dinan, les alignements de Lagatjar et la plage de l’Aber.

Un regard historique et culturel sur une trentaine de plantes sauvages (armérie, aster, criste marine, garance voyageuse, petite orobanche, jasione maritime etc…) et bien entendu la crozonnaise.

Conférence animée par Hervé Guirriec, ancien professeur d’Histoire-Géographie et d’Éducation Socio-culturelle au lycée du Nivot, auteur de nombreux ouvrages aux Éditions Locus Solus, en particulier “Fleurs sauvages du littoral”.

Le vêtement breton: une tradition vivante

Deux passionnés s’associent pour la première fois pour vous présenter les richesses vestimentaires de notre région !
Pascal Jaouen, brodeur et styliste qui s’inspire des modes vestimentaires bretonnes et Tristan Gloaguen, ancien directeur délégué aux territoires de la confédération Kenleur, sont complices depuis plusieurs années pour commenter le défilé du Festival de Cornouaille sur France 3 Bretagne. Dans le cadre de la Fête de la Bretagne 2024, ils nous proposent un voyage dans les modes des cinq départements bretons, du milieu du 19ème siècle à aujourd’hui.

Vous aurez l’occasion de découvrir des iconographies, des photos, des pièces textiles et d’entendre de nombreuses anecdotes sur ce patrimoine bien vivant encore aujourd’hui, dans les défilés de créations contemporaines ou lors des prestations des cercles qui contribuent au rayonnement de la Bretagne.

Conférence animée par Pascal Jaouen, brodeur et styliste, et Tristan Gloaguen, ancien directeur délégué aux territoires de la confédération Kenleur.

Réappropriation linguistique, défis bretons pour la construction d’une société bilingue

La Bretagne a subi un processus continu de désarticulation et d’assimilation à l’espace français conduisant à l’effacement progressif de sa singularité. Ce processus s’est particulièrement concentré dans la politique menée contre la langue bretonne: enseignement obligatoire en langue française, exclusion de la langue des médias, francisation par le service militaire, exclusion de la langue de l’administration, de la justice, de la sphère publique… Il a abouti à une dépréciation de la langue et à l’arrêt généralisé de sa transmission après la seconde guerre mondiale. De ce fait, le nombre de locuteurs s’est effondré, passant de plus d’un million au début du XXème siècle à environ 200 000 aujourd’hui.

Néanmoins une partie de la population ne s’est jamais résignée à la disparition programmée de sa langue. A partir des années 1970 le mouvement Diwan s’est développé permettant de nouveau à des jeunes de se réapproprier leur langue. Depuis les années 1980 la place du breton n’a eu de cesse de progresser dans l’espace public et depuis les années 2000 les pouvoirs publics ont emboîté le pas du mouvement associatif en commençant à développer des politiques linguistiques en faveur du bilinguisme. Après plusieurs décennies d’affirmation et la mise en place d’outils structurants (écoles, formation pour adultes, OPLB…) la société bretonne fait aujourd’hui face au défi de la massification et de la resocialisation progressive de la langue dans le cadre d’un projet de société bilingue qui reste encore pour l’essentiel à construire et à expliciter.

Conférence animée par Fulup Jakez, directeur de l’Office public de la langue bretonne (OPLB), premier organisme officiel créé par les pouvoirs publics pour développer la connaissance et l’usage de la langue dans la société bretonne. Avec la participation de Christelle Chevallier-Gaté, formatrice, psychologue et chercheuse en langue bretonne.

Août 1505: Anne de Bretagne à Brest

Voici une date et un événement bien oubliés : Anne, duchesse et Bretagne et reine de France – elle est alors l’épouse de Louis XII -, voulut « aller voir son chasteau de Brest » et, surtout, visiter « sa grant nef, nommée La Cordelière ». Anne entra dans cette bourgade, qui n’était pas encore une ville, par la Porte Saint Yves, l’entrée principale et, alors que les cloches de l’église paroissiale implantée dans le château sonnaient à toute volée, elle se rendit aussitôt, par la rue saint Yves, jonchée de fleurs et aux maisons tendues de blanc, au pied de la forteresse où l’imposante nef se trouvait amarrée, « esmerveillée de voir un tel vaisseau ». Il est vrai que La Cordelière, le fleuron de la flotte bretonne, avait fière allure…
Cette visite brestoise n’était qu’une étape dans le Tro Breiz que la duchesse avait décidé d’entreprendre en 1505 : un tour de Bretagne pour affirmer sa souveraineté sur un duché dont elle chercha, jusqu’à son dernier souffle à assurer l’indépendance.
C’est au destin singulier de la dernière duchesse de Bretagne (1477-1514), que sera consacrée cette conférence.

Conférence animée par Joël Cornette, professeur émérite de l’Université Paris 8. Grand prix d’histoire de l’Académie française pour l’ensemble de son œuvre. Décoré du collier de l’Hermine en 2023. Auteur, notamment, d’une Histoire de la Bretagne et des Bretons (2005), d’une Histoire de la Bretagne pour les Nuls (2022) et d’une Brève histoire de l’identité bretonne (2023). Sa biographie d’Anne de Bretagne (Gallimard, 2021) a obtenu, en 2022, le prix du livre d’histoire du Moyen Âge à Provins.

Mathurin Méheut, un Breton au front : octobre 1914 – mars 1919

Méheut quitte le Japon lors de la mobilisation générale d’août 1914. Pendant cinq ans, il sera d’abord militaire avant d’être artiste. Dans l’enfer des tranchées, il nous livre un témoignage sur la Grande Guerre. Les dessins et les lettres qu’il envoie à sa femme relatent la dure réalité du conflit.
Entre 1914 et 1918, il combat sur plusieurs fronts. Hanté par l’idée de ne pas assez dessiner et de perdre son énergie créatrice, ce « peintre combattant » ne cesse de croquer ses frères d’armes : témoigner et tenir ! La majorité de ses croquis concernent la terrible vie quotidienne dans les tranchées qu’il faut creuser, entretenir; le combat et parfois le repos, « la soupe », écrire, jouer aux cartes, songer, « avoir le cafard » et dormir quand on le peut. Avec Méheut sonne le glas de la peinture de bataille traditionnelle. Seul comptera le témoignage de celui qui a participé à la lutte. Finie la peinture officielle, son panache et son prestige épique et mensonger. Fini le rêve de gloire militaire, il s’est éteint à jamais dans la boue des tranchées.

Conférence animée par Anne de Stoop, historienne d’art. Après un passage au musée d’Art Ancien de Lisbonne, Anne de Stoop a été conservatrice du musée Mathurin Méheut à Lamballe pendant 12 ans et publié plusieurs ouvrages sur Mathurin Méheut. Elle est aujourd’hui Conservateur honoraire du musée Mathurin Méheut, membre du Conseil d’Administration du musée et de l’association Les Amis de Mathurin Méheut ainsi que des Amis d’Yvonne Jean-Haffen.

Kerguelen, un marin des Lumières

Kerguelen ! Un nom que tout le monde connaît puisqu’il s’agit d’une de ces terres australes et antarctiques françaises qui génèrent une très grande zone maritime exclusive dans les 40e rugissants. Mais que sait-on de son découvreur ?
Yves-Joseph de Kerguelen-Trémarec, né en 1734, mort en 1797, gentilhomme breton du pays de Quimper, a eu un destin hors du commun. Officier de marine, géographe de talent, membre de l’Académie de Marine de Brest , il a connu une ascension fulgurante, qui lui valut d’être choisi par Louis XV pour découvrir la Terra australis incognita, objet de toutes les convoitises de l’époque. Mais les deux voyages successifs ne se passèrent pas comme prévu et lui valurent un emprisonnement en forteresse à Saumur. Libéré, Kerguelen tentera désormais, en permanence, de prouver qu’il est bien le grand marin qu’il prétend être. Mais les déboires s’accumulent et il subit tour à tour les geôles anglaises et, sous la Révolution qui en avait fait un amiral, celles du château de Brest dont il réchappa miraculeusement. Ironie de l’Histoire, c’est l’Anglais Cook qui donnera son nom aux îles sur lesquelles Kerguelen n’a jamais mis le pied !

Conférence animée par Alain Boulaire, né à Brest, agrégé et docteur d’Etat en histoire, spécialiste du XVIIIème siècle français. Il s’intéresse à la mer et à l’histoire de la Marine à travers de nombreux ouvrages sur ces sujets ainsi que des
biographies.

Les Rendez-vous de 2023

Le réveil artistique breton et le mouvement des Seiz Breur

“Contrairement à ce que l’on croit souvent, le réveil politique, économique, social et culturel de la Bretagne ne date pas des années 1950, bien des innovations ont été ébauchées avant. Sur le plan artistique, un réveil se manifeste, d’abord initié par des artistes venus de Paris et des grandes villes découvrir la Bretagne « authentique ». Puis le mouvement s’implante et s’intègre à la dynamique bretonne.
Lorsque la guerre 1914-1918 éclate, des talents novateurs se manifestent déjà dans la sculpture et la peinture. Dans les années 1920, le mouvement des Seiz Breur, fondé il y a juste un siècle, tente de fédérer des créateurs dans de nombreux domaines, notamment les arts décoratifs. ”

Conférence-interview multimédia, avec images et vidéos, consacrée à un siècle d’art en Bretagne avec Jean-Jacques MONNIER, historien, Olivier CAILLEBOT, réalisateur et Nolwenn FALIGOT, styliste bretonne.

Le mégalithisme : un âge d’or de la Bretagne

« Hérités de la préhistoire, menhirs, dolmens, cairns et autres mégalithes constituent un patrimoine puissamment évocateur renvoyant pour beaucoup aux racines originelles des Bretons. Mais, contrairement à ce qu’affirme la tradition orale, celles-ci ne seraient pas héritées des migrations celtes. En effet, les dernières découvertes de l’archéologie invitent à renverser le mouvement : c’est à partir de la péninsule armoricaine que se serait diffusée, sur toute la façade atlantique, la civilisation mégalithique. Aussi, cet « âge d’or » de la Bretagne révèle-t-il un monde interconnecté, fait d’échanges et de mobilités. »

Conférence co-animée par Yannick LECERF, archéologue préhistorien, conservateur du patrimoine et chercheur rattaché au CNRS et Olivier CAILLEBOT, réalisateur et journaliste.

La musique dans l’antiquité celtique

« Cette conférence présente l’état actuel des recherches sur la musique dans l’antiquité celtique, une présentation commentée du buste du barde à la lyre – statue du second siècle avant Jésus-Christ découverte en Centre-Bretagne en 1988 -, ainsi que la présentation musicale de certains instruments reconstitués comme les lyres et les lances musicales.”

Conférence animée par Julian Cuvilliez, archéo-musicologue et directeur de mission au Pôle de Recherche d’Interprétation et d’Archéologie Expérimentale, et Olivier CAILLEBOT, réalisateur.

Le cheval breton

Il a bâti nos chemins, creusé nos sillons, labouré nos champs et transporté nos mariés. Le cheval breton, rescapé de la retraite de Russie, est à la croisée des chemins, dans un monde qui se veut de plus en plus « éco responsable ». Menacé de disparition avec moins de 2500 naissances par an, il concentre pourtant un véritable potentiel économique que certains acteurs des secteurs primaires et secondaires continuent d’intégrer dans leurs « mix » structurels. Il frappe à la porte du tourisme et d’un nouveau paradigme fleurant les circuits courts et alternatifs. Il est un pan essentiel du patrimoine breton. Allons nous le laisser disparaître?

Conférence animée par Jean-Jacques Séïté, éleveur débardeur à cheval, à la retraite, et Olivier CAILLEBOT, réalisateur.

Les grandes algues marines : un eldorado pour la Bretagne ?

Les algues sont très abondantes sur nos côtes, où elles constituent de véritables forêts sous-marines. La connaissance de ces végétaux, qui font partie des plus anciennes formes de vie sur Terre, permet de mieux comprendre l’origine et l’évolution de la vie. Depuis des siècles, les algues sont utilisées pour leur composition et leurs propriétés, dans la culture, l’industrie et l’alimentation. Depuis une trentaine d’années de nouvelles applications émergent dans ces secteurs mais aussi dans les domaines de la santé et du bien-être, avec des bénéfices attendus considérables. Nous discuterons des défis à relever pour exploiter durablement ce potentiel très spécifique de la Bretagne.

Conférence co-animée par Bernard KLOAREG, professeur émérite à Sorbonne Université et ancien directeur de la Station biologique de Roscoff et Frédéric FAURE, Directeur Général de la société Algaia, spécialiste des bio-ingrédients d’origine marine.

L’aventure des toiles en Bretagne

Pas de lin pas de pain ! Du XVème siècle au milieu du XIXème siècle, la Bretagne a tiré parti d’une activité économique importante : l’activité textile liée au lin et au chanvre. On a pu à juste titre parler d’un véritable « Âge d’or » pour la Bretagne qui conserve encore aujourd’hui des traces bien vivantes à Locronan, Quintin, Landerneau, Morlaix ou Vitré. Retour sur l’industrie toilière en Bretagne pour découvrir ou redécouvrir un pan de l’histoire économique bretonne.”

Conférence co-animée par Mikaël COUTELLER, professeur d’Histoire-Géographie et Hervé LE BIHAN, tisserand de Locronan, héritier d’une tradition multi-séculaire.